21 février 2009

On ne peut passer sa vie à naître

 


Il était une époque, pas encore si lointaine, où l'on retrouvait ses souvenirs dans une boîte en carton, pour alors se remémorer, avec un peu de nostalgie, les moments heureux d'un brumeux passé en regardant des images sur papier glacé.

De nos jours, la photo numérique du haut de sa toute-puissance technologique nous prive de ces instants rares de communion avec les arts. Les arts et la matière, mariage alchimique où nos sens s'émerveillent du contact des objets qui nous passent entre les mains ou sous les yeux sans qu'une triviale connection électrique ne soit nécessaire autre que celle qui lie notre esprit à notre regard et à nos doigts ravis.

C'est pourquoi, je me promets, avant que la mort d'
une puce, une balafre sur un disque ou une malencontreuse manipulation ne les fassent disparaître, de confier au papier, ami brillant, fidèle et loyal, mes souvenirs les plus précieux. Car il suffit d'un souffle pour perdre des données mais il faut l'eau, le feu ou une volonté révoltée pour détruire ce qu'abîment difficilement les années.


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Souvenir d'une table d'anniversaire, aux allures gothiques, un jour de 2008, au début du glacial décembre.
Couleurs, sons et saveurs. Encore merci, famille et amis pour la chaleur de vos coeurs.


Pour réaliser le beau, le peintre emploie la gamme des couleurs, le musicien celle des sons, le cuisinier celle des saveurs, et il est très remarquable qu'il existe sept couleurs, sept sons, sept saveurs.

Lucien Tendret, dans La Table au pays de Brillat-Savarin.

 


The Sad Song of the Wind by Empyrium

Die Schweane Im Schiff by Empyrium

22:05 Écrit par Theudrick dans Amor e morte | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : empyrium |  Facebook |